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Ceci est le premier d'une série d'articles consacrés à des états de santé spécifiques dans le contexte de l'entrainement et de la compétition de natation de maitres. Ils comprendront des recommandations afin de maximiser la sûreté, la santé et bien entendu la performance. Les prochains sujets prévus comprennent les problèmes cardiovasculaires, la grossesse et le dysfonctionnement des muscles et des articulations. Le contenu a été vérifié pour son exactitude par un médecin, mais les nageurs doivent toujours demander conseil à leur propre médecin.
Une discussion sur le diabète et la natation
Le diabète mellitus est un ensemble de troubles médicaux qui ont comme point commun une intolérance au glucose. Il y a deux catégories principales : le type 1 qui est dû à une attaque du système immunitaire, apparait soudainement et requière l'administration d'insuline ; il est parfois appelé diabète juvénile parce qu'il apparait typiquement à un jeune âge. Le type 2 émerge graduellement, généralement après l'âge de 40 ans et peut requérir des médicaments, ou pas, et est associé à des individus obèses et sédentaires. Le diabète gestationnel arrive à certaines femmes et sera discuté en profondeur dans un article à venir sur la grossesse et l'entrainement.
L'exercice physique est une part intégrale d'un programme de gestion du diabète. Et cela vaut l'effort que cela demande : un individu souffrant du diabète coure un risque accru de développer d'autres troubles médicaux. Un exemple notable est la possibilité accrue pour les diabétiques, par un facteur de 2-4, d'être victime d'une attaque d'apoplexie ou de maladie cardiaque comparés à la population non diabétique. Heureusement l'exercice physique réduit considérablement ce risque. Les risques de complications comprennent toutes les formes de maladies cardiovasculaires, la mortalité due à toutes causes, la cécité, les maladies rénales, les maladies dentaires, la neuropathie périphérique et les attaques d'apolplexie, les maladies circulatoires, l'enflure des articulations, les troubles alimentaires, et les troubles de l'humeur.
Un abécédaire : explication des troubles et des termes médicaux liés au diabète
Dans notre exploration de la réaction du corps humain à l'entrainement et au diabète, il vous sera utile de comprendre les termes suivants :
Niveau de glucose dans le sang (nous l'appellerons GS) est souvent appelé sucre dans le sang - se rapporte à la quantité de glucose dissoute dans le sang et disponible à la consommation par le corps.
L'hyperglycémie - un haut GS, peut être un danger mortel. Pour les diabétiques de type 1 cela peut créer une escalade de troubles sérieux, y compris une perte de conscience parfois appelée « comas diabétique ». Le diabète est typiquement établi lorsque le GS à jeûn >7mmol/litre.
L'hypoglycémie - un faible GS est facilement résolut par une ingestion de sucre. Il atteint le sang - afin d'être transporté dans tout le corps - le plus rapidement sous forme liquide tel que des jus ou des fluides de remplacement.
L'hypo-/hyper-glycémie ne sont pas toujours clairement différenciées. Elles peuvent être rapidement identifiées par une absence anormale de conscience, un manque de capacité à raisonner ou par une soudaine irritabilité ou mauvaise humeur (pensez à vos plaisants nageurs habituels passant brusquement de Jeckyll à Hyde).
L'insuline est une hormone qui aide à ajuster votre niveau de GS. Dans les individus normaux elle est produite par notre corps (dans le pancréas) et lorsqu'elle est présente, elle envoie un signal aux cellules de notre corps d'ouvrir leurs portes et de laisser le glucose être utilisé immédiatement ou de le stocker dans des chambres de stockage de manière à ce que nous ayons des réserves d'énergie pour plus tard. Chez les diabétiques, l'insuline est soit produite en quantités inadéquates, soit pas produite du tout, ou alors elle est présente mais n'est pas reconnue par les cellules, un trouble qui se nomme résistance à l'insuline.
L'index glycémique décrit la vitesse relative de l'absorption d'un hydrate de carbone après qu'il soit ingéré. Les diabétiques y font attention puisque manger des repas avec un faible index glycémique en général les aide à éviter des pointes dans leurs niveaux de GS. En cas d'hypoglycémie, un aliment à haut index glycémique est nécessaire rapidement.
Les diabétiques peuvent aussi souffrir de polyurie (urination excessive) qui peut jouer un rôle dans la création d'un athlète déshydraté et de polydipsie (soif excessive et prolongée) qui ne va pas nécessairement aider à la réhydratation en raison d'une transpiration excessive.
L'ACSM est l'institut américain de médecine sportive (American College of Sports Medicine)
Les effets du diabète sur la capacité à s'entrainer
Les réponses individuelles à l'exercice physique varient, et les experts suggèrent de mesurer le GS avant, immédiatement après, et plusieurs heures après des périodes d'exercice physique jusqu'à que les caractéristiques d'un individu soient clairement démontrées. Un faible GS va affaiblir le nageur ; un haut GS peut être dangereux. Il est essentiel de le surveiller durant l'exercice physique, surtout lorsque le nageur commence à se sentir mal et démontre une perte d'attention.
Un exercice physique modéré et vigoureux est recommandé pendant au moins 30 minutes la plupart des jours de la semaine (au moins 3 fois par semaine, mais sans jamais prendre plus d'un jour d'affilé de repos en raison de l'effet amoindrissant que le temps a sur le contrôle du GS après l'exercice physique). L'entrainement de puissance augmente la masse de muscle maigre du corps, en améliorant son profile métabolique, ou la manière dont le corps dépense son énergie. Il est aussi recommandé aux individus diabétiques, bien qu'une révision complète des facteurs de complications soit nécessaire - par exemple une circulation réduite dans les jambes requière de prêter attention aux exercices avec un port de poids ; l'entrainement de puissance excessif et en particulier la man?uvre de Valsalva n'est pas recommandé pour une personne qui souffre de rétinopathie (une complication commune).
Le diabète de type 2 est souvent observé chez les individus obèses, pour qui l'objectif le plus important devrait être de réduire leur poids, étant donné que le poids supplémentaire augmente la résistance à l'insuline chez ces personnes. La perte de poids est une fonction des calories brulées par rapport aux calories consommées - les entraineurs ont donc un rôle à jouer. Ils peuvent aider en prenant en considération le total des calories dépensées durant l'entrainement - et en disant aux nageurs qu'il se peut qu'ils aient besoin de se dépenser davantage lorsque pour une raison ou une autre un entrainement a été moins dépensier en énergie. Ils peuvent aussi suggérer des exercices afin d'augmenter la masse musculaire su corps, puisque des muscles plus gros augmentent le métabolisme même lorsque le corps est au repos. L'entraineur peut aussi aider à gérer les attentes - il est fréquent que les diabétiques de type 2 ne soient pas capable de maintenir une haute intensité durant l'exercice physique. Cela signifie que des objectifs de perte de poids agressifs ne soient pas réalistes à court terme sans aide pharmaceutique (le rôle du docteur). Les entraineurs peuvent aider le nageur à fêter son succès en cours pendant une perte de poids régulière et à long terme.
Il existe une différence dans la réponse à l'exercice physique de haute intensité et aux séries d'aérobic de moindre intensité. Pour les diabétiques de type 1 qui font l'expérience d'une hypoglycémie intense (une chute du sucre) après 20 minutes d'exercices aérobics, de relativement récentes recherches suggèrent une simple solution - un effort maximal de 10 secondes. Des études ont démontré que ces sprints élèvent les niveaux de GS et représentent une bonne alternative à l'administration de sucre supplémentaire ou autre intervention thérapeutique. L'exercice physique modéré ainsi que de haute intensité sont efficaces pour l'amélioration de la capacité du corps à produire de l'insuline chez les diabétiques de type 1 - ce qui confirme que l'exercice physique de haute intensité ne réduit pas les bénéfices de l'exercice, bien que de plus longues périodes de récupération puissent être nécessaires. Cependant, des questions de complications médicales telles que la maladie cardiovasculaire doivent être prises en compte avant de demander au nageur de sprinter afin d'augmenter sont GS.
En cas d'extrême hyperglycémie de plus de 16.5mmol/litre chez les diabétiques de type 1, l'exercice physique n'est pas recommandé tant que le GS n'a pas diminué. Chez les diabétiques de type 2, cette précaution ne semble pas nécessaire bien que le niveau d'intensité ne doive pas être élevé tant que le GS n'a pas diminué.
Chez les diabétiques de type 1, la ketoacidose résulte du fait que le corps n'est plus capable d'accéder aux sources de sucre (bien que celles-ci soient généralement présentes) et commence à décomposer de la graisse en stock - mais sans insuline, le processus escalade hors contrôle (une réponse similaire peut se produire chez les individus dans un état avancé d'anorexie). L'un des sous produits en est l'acétone - le produit chimique contenu dans le dissolvent de vernis à ongle. Si l'entraineur ou les compagnons de ligne d'eau remarque cette odeur dans l'haleine d'un nageur diabétique, il est temps d'intervenir d'autant plus que cet état est généralement accompagné d'hyperglycémie, de déshydratation, et d'un haut niveau d'acide dans le sang.
L'exercice physique se venge : ses effets sur le diabète
En général le métabolisme du corps est normalisé par l'exercice physique - ce qui signifie simplement qu'il maintien un taux constant de dépense d'énergie. Cet effet est particulièrement désirable pour un diabétique et explique pourquoi un exercice physique fréquent est une priorité majeure pour un diabétique.
L'ACSM reconnait le rôle que joue l'exercice physique aérobic dans l'amélioration de la capacité du corps à traiter et fournir du sucre aux muscles qui travaillent. Comment ? L'exercice physique régulier réduit la résistance à l'insuline, et aide les muscles à la recevoir plus facilement. Une intéressante recherche démontre que les diabétiques de type 2 qui ont une résistance à l'insuline sont tout de même capables de réduire leur niveau de glucose dans le sang grâce à une réaction généralisée à l'exercice physique. (Pensez à ces deux voies comme à deux portes par lesquelles le glucose peut entrer la même pièce, qui est la cellule musculaire - une fois entrée dans la cellule afin d'être utilisée comme source d'énergie, cela fait une molécule de glucose de moins à attendre son tour dans le sang.) L'industrie pharmaceutique étudie cet effet espérant un jour développer un médicament qui copie l'exercice physique.
Des études commencent à démontrer qu'un diabétique qui souffre de complications vasculaires ne déclenchera pas la même augmentation de la circulation sanguine vers les muscles qui travaillent. Cela signifie qu'il y a un double aspect à la question : moins d'oxygène peut être délivré en plus d'une consommation de glucose réduite. De plus grandes études sont conduites afin d'approfondir la compréhension dans ce domaine. Les implications pour l'entrainement : le diabétique qui sait qu'il a une circulation réduite devra être prêt à se limiter à un entrainement à plus faible intensité.
La recherche démontre un lien accru entre le diabète et le développement de troubles de l'humeur tels que la dépression, ce qui offre un autre argument en faveur d'un exercice fréquent qui dégage des endorphines pour nos nageurs qui ont du diabète.
Le meilleur entrainement pour un nageur diabétique - manger et s'entrainer
Les nageurs diabétiques doivent discuter de leur propre profile de GS avec leur docteur afin de déterminer quand manger avant un entrainement, et comment modifier leur prise d'insuline si nécessaire. Des aliments à faible index glycémique constituent un bon choix avant l'entrainement, ainsi qu'une solution sucrée lors des longs entrainements.
Une source de sucre (et d'insuline si nécessaire) doit toujours être gardée sur le bord du bassin durant l'entrainement lorsqu'un nageur est diabétique. Les entraineurs, maitres nageurs et compagnons de ligne d'eau doivent être mis au courant de la situation et partager un plan d'action.
Des scientifiques ont démontré que le métabolisme (la vitesse à laquelle le corps utilise l'énergie) reste élevé jusqu'à 24 heures après l'exercice physique. Ceci suggère que c'est une bonne idée pour un nageur diabétique de nager quotidiennement - et de s'assurer d'avoir de longues séries de récupération après qu'un sprint ait élevé son niveau de GS, ce qui rend le refroidissement essentiel pendant les compétitions juste après une course, ainsi que l'extension des portions aérobics et de refroidissement des entrainements qui ont contenu de l'entrainement de course.
L'hypoglycémie chez les individus non diabétiques
Ce n'est pas fréquent, mais on peut observer des symptômes d'hypoglycémie pendant l'exercice physique chez certains athlètes qui ne sont pas diabétiques, même s'ils n'ont pas sauté de repas. Cela se produit typiquement parce que la personne a mangé trop tard avant l'entrainement, ce qui a stimulé le corps à distribuer de l'insuline. Le résultat : l'athlète commence l'entrainement avec un GS qui plonge en raison de leur réponse trop enthousiaste à l'insuline. La solution : les individus susceptibles doivent manger un repas à faible index glycémique au moins 45 minutes et pas moins de 2 heures et demie avant l'entrainement, puis jeûner jusqu'au début de l'entrainement.
Le rôle de l'entraineur
Conseil de recrutement : la natation est un très bon sport pour les diabétiques de type 2 qui ont commencé à ressentir une perte de sensibilité dans leurs membres inferieurs, ce qui rend certains sports de sol trop risqués puisqu'ils ne se rendent pas compte s'ils se font du mal. Notre sport de la natation à faible impact et sans chute est une très bonne alternative. Parlez à une clinique locale et/ou un médecin situés près de votre piscine afin de les informer que votre programme des maitres a de la place et accueille volontiers de nouveaux nageurs ! La bonne nouvelle : de récentes études démontrent que l'exercice a tendance à limiter le développement de cette dysfonction neurologique.
Aux nageurs : apportez votre glucomètre à la piscine et expliquez la situation à votre entraineur de manière à ce qu'il puisse vous aider à surveiller votre réponse ainsi que suggérer des modifications aux séries jusqu'à ce que votre GS soit sous contrôle.
Un autre des rôles de l'entraineur est d'aider à instruire leurs nageurs. De nombreux diabétiques ont du mal à adhérer à un régime alimentaire, parfois par manque de compréhension, parfois parce qu'il est trop différent de leurs habitudes alimentaires. Un entraineur qui adopte une perspective holistique peut aider les nageurs diabétiques en leur demandant de manière proactive ce qu'ils ont mangé avant l'entrainement, ce qu'ils mangeront après, tout en leur rappelant d'utiliser leur glucomètre afin de mesurer si leur niveau de sucre dans le sang est adéquate, et encourage ces nageurs à tenir la route vers une meilleur santé.
Un diabétique peut-il s'entrainer dur ?
Oui ! Un début avec précaution est prudent pour toute nouvelle personne. Plus la personne est en bonne forme physique, et plus elle fera attention à surveiller et contrôler son niveau de GS, plus elle pourra se concentrer sur la performance.
L'auteur Robyn Ouimet a une licence d'éducation physique/kinésiologie de l'Université de McGill et est un maitre nageur et entraineur. Elle remercie sa camarade nageuse Dr. Ann Walling pour sa révision de ce texte. Les coéquipiers de Robyn ont lancé la rumeur qu'elle s'amuse tellement pendant les entrainements parce que le liquide orange qu'elle boit pendant l'entrainement est en réalité un tournevis et non pas la boisson sucrée qu'elle dit avoir besoin de boire afin de contrer sa tendance à l'hypoglycémie. Elle peut être contactée à robyn.ouimet@gmail.com
Liens
http://www.diabetes.ca/ Contient des informations utiles sur la gestion du diabète, ainsi que des tableaux d'index glycémiques et des conseils
http://www.diabetes.org Association américaine du diabète (American Diabetes Association)
http://www.acsm.org Site de l'institut américain de médecine sportive (American College of Sports Medicine) - plein de conseils scientifiques et médicaux
http://care.diabetesjournal.org/ Un journal qui publie des articles sur la recherche sur le diabète
http://www.joslin.org/ Un centre de recherche sur le diabète de l'Université de Harvard. Recherches dans diverses perspectives.
http://en.wikipedia.org/wiki/Diabetes La page de wikipedia sur le diabète contient des statistiques et des informations pour les non-initiés
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